Plus d’une semaine après les élections américaines, je suis très surpris de la volée de bois vert contre les prétendus trucages et impacts négatifs qu’auraient les réseaux sociaux sur les processus démocratiques. Je suis même très surpris que la majorité de la presse accuse les réseaux sociaux d’avoir faussé l’élection américaine. C’est quand même fort de café de la part d’une presse qui malgré sa soi-disant indépendance et sa « pluralité » d’opinions, a, quasi-unanimement, soutenue Hillary contre Donald Trump.

Donc je vais l’écrire parce que je ne l’ai pas ou très peu lu ailleurs : OUI, de mon point de vue et sur ce coup-ci, les réseaux sociaux ont permis de renforcer la démocratie aux États-Unis. Un candidat a pu l’emporter alors qu’il avait en face de lui tout l’establishment politico-médiatique et cette victoire me réchauffe le cœur. Certes le candidat est détestable, mais son élection me laisse présager des changements à venir et ma nature optimiste me laisse penser qu’une partie de ces changements peuvent être positifs.

Les accusations ont cependant fait mouche puisque Google et Facebook sont entrain de couper les ressources publicitaires aux sites colportant des informations mensongères (espérons qu’ils iront jusqu’à fermer tous les comptes des partis et hommes politiques mais rien n’est moins sûr). Faut ajouter que Trump n’était pas vraiment leur choix premier…
Je trouve cette réaction assez malsaine car personne n’envisage de supprimer la vente des journaux qui ont eux aussi colporté des mensonges. J’ajouterai que la réaction quasi-immédiate de Google et Facebook m’inquiète sur notre liberté de pensée à venir.

Alors, oui, les réseaux sociaux du fait de leur fonctionnement ont tendance à enfermer les utilisateurs dans leurs schémas et idées. C’est le principe de l’entre soi que l’on retrouve aussi massivement dans la vraie vie. Cette tendance complique la recherche d’une opinion objective sur des sujets via ces réseaux sociaux. Le meilleur conseil que l’on puisse donner est de conserver la plus grande variété d’amis sur Facebook et de suivre des personnes aux idées opposées. Dans mon cas, je suis des personnes de l’extrême gauche à la droite dure ou patriotique ainsi que des anti-système de tout horizon (j’ai abandonné l’extrême droite : trop de problèmes parce que difficile de rester muet face à certains propos et discussions rapidement houleuses mais c’est certainement un tort ).
A partir de là, avec un peu d’esprit critique, je pense qu’une opinion objective peut se construire sur Facebook au moins aussi bien qu’avec la presse laquelle devient de plus en plus uniformisée.

Mais ces élections US n’étaient qu’un avant-goût de l’impact des nouveaux usages du numérique dans la diffusion de l’information. Chatbot de discussions et autres algorithmes vont débarquer en masse et la production de contenus n’est pas en reste, regardez la vidéo ci-dessous. D’ici 2/3 ans n’importe quel pinpin dans son garage avec un peu de volonté pourra réaliser une vidéo de qualité hollywoodienne faisant dire n’importe quoi à n’importe qui… De quoi s’inquiéter un peu sur notre liberté de pensée…

Ces technos en cours et à venir associées à l’exploitation plus ou moins légale de nos datas (cf article Gilles Babinet, NSA et Big Data) me font surtout craindre une possible dictature intellectuelle dans laquelle le « penser différemment » sera difficile. C’est pourtant ce « penser différemment » qui a permis à l’humanité d’avancer et de se dépasser (cf Gallilée…).

Mes solutions : développement individuel de l’esprit critique et démocratie directe. Nous devrions voter, non pas pour élire un chef tous les 5 ans mais sur ce qui nous intéresse, nous préoccupe et que nous pouvons éprouver d’une manière ou d’une autre.
C’est le meilleure rempart contre la dictature intellectuelle qu’elle vienne de l’extrême droite, de l’empire mondialiste ou de que sais-je encore.

Un exemple de petits logiciels « rigolos » à venir :
Publicités